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Repertoire des disques compacts Jeux de Séduction Idéalement, la musique fait le travail toute seul. Un rien de charisme ne nuit pas non plus. Celso Machado, guitariste brésilien désormais installé à Vancouver, a mis au point une stratégie de séduction qui a fait mouche, vendredi, à l'angle des boulevard Maisonneuve et de la rue Jeanne-Mance. S'accompagnant seul à la guitare, il a d'abord exécuté une joile bossa nova, douce et rassurante. Déjà, le public était en confiance. Après une sama bien menée, il a sorti son arme secrète: un joyeaux sens du théâtre...très prouche du cabotinage! Plutôt que d'entreprendre une troisième chanson, il a commencé à se tapoter sur les joues, comme si elles étaient un instrument de percussion. Petit à petit, c'est tout son corps qui est devenu un curieux tambourin dont il tirait des rythmes et des timbres amusants. Avec force grimaces, bien sûr. Du coup, on avait le sentiment de se trouver à mi-chemin entre le Festival de jazz et Juste pour rire. Celso Machado sait ce qu'il fait. Jamais sa propension au jeu ne relègue au second plan sa grande musicalité. Son doigté est impressionnant et il sait doser ses effets. Après avoir fait rigoler le public, il n'a d'ailleurs eu aucon mal à la ramener en territoire bossa, en lui servant notamment Felicidade de Jobim.
Repertoire des disques compacts, No.126,
Juillet/Aout 1999 ISSN R10 - coup de foudre Daqui ( d’ici en occitan) est un nouveau label, créé par le festival des Nuits atypiques de Langon qui désirent, de la sorte, prolonger leur travail par une expression discographique qui inciterait à la découverte des musiques du monde dans leur plus grande diversité. Ce nouveau label désire ne pas faire les choses à moitié. La production est soignée, présentation en digipack, livret documenté, enregistrements de grande qualité. Après un premier CD consacré aux Bauls du Bengale, voici Celso Machado, né dans l’Etat de São Paulo, terre irriguée de samba. Non content d’avoir hérité de son père une tradition musicale riche, avec fenêtres ouvertes sur le classique autant que le populaire, il connaît parfaitement les musiques du Nordeste, une terre où mille expressions fleurissent encore sans cesse. Son disque est une longue respiration, profonde, saine, claire, un hommage à toutes ses racines afro-américaines, un salut aux orishas, un trajet extrêmement musical à travers l’incroyable diversité brésilienne, mais le tout avec une unité de gout et de simplicité qui force l’admiration. Guitare, percussions et voix suffisent largement à dessiner ce Brésil chatoyant. Point n’est besoin de ces surcharges de production que nous imposent tant de producteurs et de musiciens aujourd’hui. Machado a beaucoup voyagé, il a appris d’autres musiques, rencontré d’autres musiciens, il a connu d’autres émerveillements, mais il en revient à ses racines sans volonté d’autres métissages que ceux qu’elles expriment déjà depuis si longtemps. Les seuls détours qu’il s’offre sont un salut aux Gnawa d’Afrique du Nord et quelques pièces jouées en dialogue entre sa guitare et le luth pipa de la Chinoise Qiu Xia He, un dialogue de cordes qui s’en vient irriguer des genres comme le baiao ou le frevo du Brésil. Au total, un disque juste, précis, musical, un disque où l’on découvre un très grand guitariste et chanteur qui nous livre le Brésil multiple sans concessions inutiles mais avec une passion brulante. Etienne Bours Editions Répertoire:
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